Antarctic Treaty Consultative Meeting: toespraak van staatssecretaris Melchior Wathelet

Datum: 22 mei 2013

Monseigneur,
M. le Premier Ministre,
M. le Vice-Ministre,
Excellences,
Messieurs les Présidents,
Mesdames et Messieurs les délégués et observateurs

En tant que Secrétaire d’Etat à l’Environnement, ce n’est pas sans une certaine fierté que nous accueillons en Belgique pour la 3e fois l’ATCM et la 1ère fois la réunion du Comité pour la Protection de l’Environnement. Je me permets de rappeler le rôle pionner de la Belgique dans le développement d’un protocole relatif à la protection de l’Antarctique.

Au cours des années 1980, notre pays a été l'un des premiers Etats à soutenir la négociation d'un protocole spécifique visant à protéger l'environnement dans l'Antarctique. Dès 1989, le Parlement fédéral a adopté sa loi du 12 janvier 1978 relative à la protection de la faune et de la flore dans l’Antarctique dans le but d’interdire tout acte  de prospection, exploration ou exploitation de richesses minérales en Antarctique.

Le Protocole de Madrid désigne le continent blanc comme une “réserve naturelle, consacrée à la paix et à la science”, si nous voulons demeurer fidèles à l’esprit du protocole, nous devrons relever un certain nombre de défis dans les prochaines années.

Je vais me permettre de les développer brièvement :

1) Le premier est celui du changement climatique.

Le Scientific Committee on Antarctic Research (SCAR) a établi dans son nouveau rapport sur "les Changements climatiques en Antarctique et sur l’environnement", mise à jour à laquelle des scientifiques belges ont pris part, que les effets de l'augmentation des émissions de gaz à effet de serre et les diminutions de l'ozone stratosphérique sont non contestables.

Les effets de l'augmentation prévue des gaz à effet de serre au cours du prochain siècle seront remarquables en raison de leur vitesse et en raison de l'amplification polaire.

Les changements rapides récemment observés sont préoccupants, en particulier pour la stabilité de certaines parties de l'Antarctique de l’Ouest. En outre le réchauffement climatique a déjà des conséquences observables sur les écosystèmes marins et terrestres du continent blanc. Ces questions sont d'une importance capitale et les efforts de recherche doivent donc être poursuivis et soutenus activement pour mieux comprendre, comment l'Antarctique et l'océan Austral interagissent avec le système climatique global, et comment ils seront touchés par le réchauffement climatique à moyen et à long terme.

2) La deuxième question concerne la bioprospection

C’est-à-dire l’exploitation des ressources biologiques, en tant qu’enjeu économique et environnemental. Cette activité est actuellement autorisée si elle respecte les obligations de libre disposition des résultats des recherches.

De nombreuses enjeux, entre autres juridiques, sont soulevées et notamment la question du libre accès ou pas à ces ressources, le partage des bénéfices, etc.

Outre les questions de l’impact environnemental de cette activité, il reste à déterminer jusqu’à quel point l’exploitation des résultats des découvertes scientifiques par des brevets, par exemple, est compatible avec l’échange libre de données scientifiques.

En Antarctique, aucun instrument juridique "classique" n’est encore d’application. Cette question de la bioprospection est un des enjeux majeurs qui devra trouver une réponse appropriée au sein du Traité Antarctique dans les années à venir, ce qui nécessite dès aujourd’hui une approche étape par étape.

3) Enfin la croissance du tourisme

Ainsi que des activités non gouvernementales en Antarctique nous poussent à poser la question de la compatibilité entre l’objectif de préservation de l’environnement et les incidences générées par les touristes. La difficulté réside dans la distinction entre d’une part, le tourisme ‘de connaissance et de sensibilisation’ qui fera de ces voyageurs les ambassadeurs de la protection de l’Antarctique et, d’autre part, celui ‘d’aventure ou de l’extrême’

Ne serait-ce pas le moment d’adapter la réglementation à cette réalité ?

Enfin, avant de conclure, j’aimerais tous vous inviter demain soir  le 23 mai au side-event organisé en marge de la réunion ATCM par mon département de l’Environnement et l’ONG Antarctic & Southern Ocean Coalition. Ce side-event intitulé "Blue and White, Land and Sea" a pour but de réaffirmer les engagements de protection et de conservation de l’environnement inclus dans le Traité sur l’Antarctique.

En conclusion,
Monseigneur ,
M. le Premier Ministre,
M. le Vice-Ministre,
Excellences,
Messieurs les Présidents,
Mesdames et Messieurs les délégués et observateurs

la Belgique en tant que signataire originel du Traité sur l’Antarctique et du protocole de Madrid souhaite, en vous accueillant à Bruxelles, réaffirmer son attachement et son engagement en faveur des grands principes du système unique de gouvernance qui est celui du continent blanc depuis plus de 50 ans.

Nous tenons à ce que l’Antarctique demeure pour les générations présentes et futures une terre de paix ouverte à la Science et dont l’écosystème unique reste protégé pour le bénéfice de tous.

Bonne réunion à toutes et tous.