Evaluer l’impact, la quête du Graal ?

Date: 30 avril 2014

L’aide au développement est une matière complexe. C’est ce qui ressort du dernier rapport publié par le Service de l’Evaluation spéciale de la Coopération internationale (SES) : Evaluation ex post de l’impact de quatre projets de coopération bilatérale directe. Ceux-ci semblent n’avoir eu qu’un (trop) faible impact. Ces exemples montrent la nécessité de poursuivre nos efforts pour améliorer l’efficacité de notre coopération.

Notre devoir de redevabilité vis-à-vis du contribuable, mais également notre professionnalisme, nous oblige à réfléchir à nos pratiques Nos actions ont-elles un impact ? Comment peut-on l’affirmer ? Sur quelles bases ? Notre travail porte-t-il des fruits ? si oui, pourquoi ? Si non, pourquoi ? Comment l’améliorer ?

Jusqu’à présent, la plupart des évaluations mises en œuvre dans le milieu de l’évaluation de la coopération au développement analysaient essentiellement la contribution des interventions à l’atteinte des résultats en vérifiant si le projet évalué était une des causes possibles des changements observés ou non. Mais les effets de nos actions de coopération n’avaient jamais été réellement mesurés afin d’établir si les changements observés étaient effectivement attribuables à l'intervention évaluée. C’est ce qu’on appelle l’évaluation d’impact.

Le Service de l’Evaluation spéciale a dès lors décidé de mettre dorénavant chaque année des évaluations d’impact à son programme

  • pour approfondir notre connaissance des résultats de la coopération au développement
  • pour mettre en évidence les conditions nécessaires pour pouvoir mesurer l’impact
  • pour affiner notre méthodologie d’évaluation

Une première évaluation pilote a été menée en 2013 et s’est focalisée sur des interventions de la coopération bilatérale directe. L’ objectif était de mesurer les effets de celles-ci quatre ans après leur clôture, de vérifier dans quelle mesure ces effets sont attribuables aux interventions et de tirer des leçons pour l’efficacité et l’impact de la coopération belge.

Des résultats très mitigés apparaissent. Aucun des projets évalués n’a réellement contribué à atteindre l’impact (ou l’objectif global - souvent peu réaliste) qu’il s’était fixé. Si les projets ont bien tous livré leurs « produits », ils ont par contre eu des résultats limités.

Ces exemples montrent bien la complexité du développement. La coopération reste un processus d’apprentissage. Le contexte intervient évidemment pour une part mais les évaluations ont aussi mis en évidence des manquements au niveau de la conception, de la mise en œuvre et du suivi-évaluation des projets.

Les conclusions de cette évaluation ne peuvent évidemment pas être généralisées à l’ensemble de la coopération gouvernementale - compte tenu de la (petite) taille de l’échantillonnage. De plus, il s’agit de projets terminés et des changements dans la formulation et la gestion de projets sont intervenus depuis lors. Ceci étant, ces évaluations interpellent et il est évident que des efforts doivent encore être fournis afin de promouvoir une gestion et une évaluation des interventions plus axée sur les résultats et l’impact au sein de la coopération gouvernementale.

La prochaine évaluation d’impact du SES (2014) se focalisera quant à elle sur des interventions d’ONGs.

Le rapport de synthèse existe en FR (PDF, 1.65 MB), NL (PDF, 1.57 MB) et EN (PDF, 1.65 MB). Un résumé existe également en FR (PDF, 2.29 MB), NL (PDF, 2.29 MB) et EN (PDF, 2.29 MB). Plus d’information auprès du Service de l’Evaluation spécialeNo label found for: as_externallink.alttag.

Evaluer l’impact, la quête du Graal ?