L’éducation dans les urgences humanitaires et les situations de conflit

Date: 07 mars 2013

Le gouvernement belge est un important partenaire de l’UNICEF dans son action de promotion et de défense des droits de l’enfant, tout particulièrement lors des crises humanitaires.

En marge de leur consultation bilatérale régulière, la Coopération belge et l’UNICEF organisent un événement consacré au thème de "l’éducation dans les urgences humanitaires et dans les situations de conflit". C’est l’occasion de souligner l’importance de la promotion de l’éducation pour les enfants vivant en situation de conflit et de partager les bonnes pratiques. La situation actuelle au Mali sera ainsi mise en évidence.

On estime que 42% des enfants non-scolarisés dans le monde vivent dans des régions affectées par des conflits. Les taux d’inscription dans l’enseignement secondaire y sont inférieurs d’un tiers par rapport aux autres pays en développement (1). La scolarité de millions d’autres enfants et adolescents est interrompue par les conséquences de catastrophes naturelles. Il s’ensuit que des générations de jeunes sont privés de leur droit de développer leur plein potentiel et se retrouvent piégés dans la pauvreté, la discrimination et les conflits.

La Coopération belge et l’UNICEF ont la volonté de protéger et d’accroître les droits de tous les enfants dans les situations de conflit et les urgences. L’éducation est l’un de ces droits essentiels. Ils sont convaincus qu’aucun enfant ne doit attendre la fin d’une situation d’urgence pour avoir accès à l’éducation.

L’éducation est un droit fondamental de chaque enfant, reconnu dans la Convention relative aux droits de l’enfant et dans l’engagement en faveur de "l’Education pour tous". Elle est également au cœur des 2e et 3e Objectifs du Millénaire pour le Développement. La résolution "Le droit à l’éducation dans les situations d’urgence" adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies insiste sur l’obligation d’assurer l’éducation pour tous les enfants, quel que soit le contexte (2). L’initiative "Education First" lancée par le Secrétaire général des Nations unies renforce cette résolution en mettant en évidence ce même droit à l’éducation dans les conflits et les crises humanitaires.

De plus, l’éducation joue un rôle essentiel dans la protection des enfants dans les situations d’urgence. Des espaces d’éducation sécurisés protègent les enfants – surtout les filles – de l’exploitation et de la violence. Assurer de manière équitable une éducation de qualité est, pour le pays, un gage important d’un relèvement après la crise. Tant les enfants et les jeunes que les parents et les communautés dans une situation de crise, mentionnent l’éducation comme une priorité.

L’éducation et l’apprentissage – qu’il s’agisse d’un enseignement formel ou de méthodes alternatives – contribuent aussi à renforcer la résilience des enfants et des jeunes. Ils leur confèrent stabilité, structure et confiance en l’avenir.

Malheureusement, les obstacles restent nombreux. L’éducation souffre toujours d’un manque de reconnaissance en tant que partie essentielle de la réponse humanitaire. Elle n’est de fait pas reconnue comme une priorité humanitaire.

"L’éducation ne reçoit que 2% du total des financement de l’aide humanitaire. Elle est gravement sous-financée" a déclaré Madame Yoka Brandt, Directrice générale adjointe de l’UNICEF. "Il faut d’urgence faire de l’éducation une priorité et doubler son financement si nous voulons que les enfants les plus vulnérables en bénéficient le mieux possible".

Le Ministre belge de la Coopération au Développement, Monsieur Jean-Pascal Labille, a quant à lui souligné le soutien continu de la Belgique au financement des ressources générales de l’UNICEF, ce qui permet à l’organisation de "poursuivre son action efficace de protection des droits de l’enfant, y compris le droit à l’éducation, et de développer de nouvelles approches innovantes afin d’aider les enfants à devenir des citoyens en possession de tous leurs moyens".

Il est par conséquent urgent de reconnaître le rôle vital de l’éducation dans les crises humanitaires et d’agir ensemble pour qu’elle reçoive davantage de soutien dans ce contexte. L’éducation doit ainsi être prise en compte lorsqu’on définit les priorités humanitaires en fonction des besoins.

C’est pour ces raisons que les organisateurs de cet événement veulent réaffirmer leur engagement quant à l’importance du droit des enfants à l’éducation dans les urgences humanitaires et les situations de conflit en:

  • élevant l’éducation dans les urgences au statut qu’elle mérite en comparaison avec les autres priorités de la réponse humanitaire,
  • s’assurant que les besoins en éducation soient adéquatement financés dans chaque réponse humanitaire,
  • promouvant l’importance de l’éducation auprès de nos partenaires dans l’action humanitaire,
  • promouvant l’éducation comme étant une composante importante de la réponse humanitaire dans les forums européens et internationaux, y compris dans l’agenda post-2015,
  • informant la Coopération belge dans les pays confrontés à des urgences sur les Normes minimales pour l’Education de l’INEE (Réseau inter-agences pour l’éducation en situations d’urgence).

Le droit des enfants à l’éducation ne doit pas être suspendu dans les situations de conflit ou lorsqu’éclate une urgence. Ce droit doit leur être garanti en toutes circonstances.

>> Discours de Jean-Pascal Labille, Ministre de la Coopération au développement (PDF, 49 Kb)

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(1) EFA Global Monitoring Report 2011, p.15
(2) UN General Assembly Resolution on the right to education in emergency situations, A/RES/64/290 (2010)