Mal de tête : première mondiale à l’Université de Liège

Un nouvel espoir vient encourager les personnes souffrant de l’algie vasculaire de la face, mal de tête tellement aigu qu’il est aussi appelé mal de tête ‘suicidaire’. Une équipe de l’Université de Liège teste actuellement un nouveau traitement pour les patients qui souffrent de la forme chronique de cette maladie et qui ne peuvent être soulagés par les médicaments disponibles.

L’algie vasculaire, ou ‘cluster headache’ dans la terminologie internationale, est une affection neurologique très invalidante, caractérisée par une douleur lancinante intense centrée sur un œil et accompagnée de larmoiement, œil rouge, gonflement des paupières, rhinorrhée. Cette douleur, reconnue comme une des plus insupportables dont l'homme puisse souffrir, est tellement forte qu’elle pousse parfois sa victime au suicide. Les personnes atteintes, surtout des hommes, peuvent avoir des crises de maux de tête plusieurs fois par jour ou par nuit, durant en moyenne 45 minutes chacune. Environ deux personnes sur mille souffrent de cette affection, qui a une évolution saisonnière chez la plupart d’entre elles avec une alternance de poussées et de rémissions. Toutefois, 10% des patients présentent la forme chronique, où les phases de rémission disparaissent.

Dans cette maladie le ganglion sphéno-palatin, qui appartient au système nerveux autonome joue un rôle important. Il y a 30 ans déjà le Dr JC Devoghel pratiqua une technique d’infiltration de ce ganglion, à l’Université de Liège, cette thérapie soulage les patients mais de façon transitoire uniquement. La société californienne Autonomic Technologies a mis au point un nouveau système de neurostimulation du ganglion sphéno-palatin actuellement testé, en primeur mondiale, dans le service du professeur Jean Schoenen, directeur de l’unité de recherche sur les céphalées de l’Université de Liège, qui coordonne une étude multicentrique.

Le neurostimulateur est un implant miniaturisé de la taille d'une amande. Par une incision dans la gencive, il est inséré près du ganglion sphéno-palatin qui se trouve dans une logette derrière la mâchoire supérieure. Son implantation peu invasive ne laisse aucune cicatrice visible. Une télécommande externe, de la taille d’un GSM, que le patient applique contre sa joue permet d’activer l’implant et de régler la puissance de la stimulation en fonction de la douleur ressentie.

La technique d’implantation fut mise au point à Liège par les Drs Alain Wilmont et Sandrine Machiels de l’hôpital de la Citadelle et les premiers patients furent implantés à Liège. À ce stade, 22 malades ont été implantés dans le cadre de l’étude européenne et les résultats des 7 premiers patients ont été présentés par le professeur Schoenen lors du récent Congrès international des céphalées à Berlin. Ces résultats préliminaires sont très prometteurs : dans 67% des crises traitées le patient a été soulagé dans les 15 minutes et plus de 70% des patients ont en plus connu une diminution d’au moins 50% de la fréquence de leurs maux de tête, ce qui ne leur était plus arrivé depuis des années.

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