Discours du Ministre Reynders à l'occasion de la présentation du livre “Making Peace - the role played by the Community of Sant’Egidio in the international arena”

Date: 16 juillet 2014

Book Presentation
“Making Peace - the role played by the Community of Sant’Egidio in the international arena”

Brussels, Egmont Palace, July 16th 2014
Introductory speech by
H.E. Didier REYNDERS, Deputy Prime Minister and Minister of Foreign Affairs

Ladies and gentlemen,

Welcome to this conference and welcome in this place that has hosted so many meetings in which today’s topic of making peace has been debated under various forms. 

‘Making Peace’ has always been an aspiration of human societies, unfortunately too often after having exhausted all other options. War and peace have been the stuff of fiction and of scientific studies. From Homer and Tolstoy to Clausewitz, Kant  and Shun Tzu, war and peace have populated our literature and our collective philosophical and societal debates about confrontation versus cooperation, about the use of violence versus peaceful resolution of conflicts.

Today, we experience traditional conflicts between states and asymmetric conflicts between states and non-state actors, between non-state actors and other non-state actors. We see religious beliefs being used by murderous dictatorships to fuel intercommunal conflicts to benefit the consolidation of their control of the state apparatus and their people.  We see ethnic differences and racial considerations being used to deny the other, the different, because of its colour, social status, cultural identity, any right to function as a rightful member of our common human heritage and community. 

Sant’Egidio has always thrived in turning this logic on its head: religious beliefs as well as other philosophical persuasions have to put their principles at the service of human dignity, respect for human rights and the rule of law. In countless places around the world, Sant’Egidio has engaged in dialogues between communities and parties to conflicts, quietly and away from media attention, in order to change the paradigms of conflicts. It is not the only one non-governmental organisation to perform this kind of tasks, but it has definitely been a pioneer in the method and in the rate of success. It works for the betterment of human condition in the North as well as in the South, recognising that poverty and inequality are sources of tensions and of violence everywhere.

The men and women of Sant’Egidio have used their faith and their skills to develop a distinct method of peacemaking that does not replace traditional diplomacy and mediation, but complements it effectively where the former is not in a position to act. This has been recognized by political leaders around the world, who have been in touch with the Community in Rome or elsewhere. The Belgian government is one among many that have recognized the value of the Sant’Egidio approach and has engaged in a fruitful cooperation especially in Africa, for a number of years.

En tant que membre actif des Amis de la Médiation, ce groupe créé dans le cadre des Nations-Unies à l’initiative de la Turquie et de la Finlande, et dans sa position de pays hôte et de membre fondateur avec sept autres pays européens de l’Institut Européen pour la Paix, la Belgique s’inscrit résolument et s’engage concrètement dans la logique de la résolution pacifique et de la prévention des conflits, grâce notamment à la médiation.

Cette ligne politique est conforme aux principes de prévention des conflits adoptés par l’Union Européenne et progressivement développés en termes opérationnels à travers ce que nous appelons l’approche globale c’est-à-dire un continuum qui réunit prévention, solutions négociées et développement durable comme rempart à la violence et à l’intolérance, à l’intérieur d’une société étatique ou entre états. L’attribution du prix Nobel de la Paix à l’Union européenne en 2012 nous donne à cet égard une responsabilité particulière. Je considère cette distinction non seulement comme la reconnaissance des mérites du projet européen mais aussi comme un avertissement pour l’avenir. Rien n’est jamais acquis et les générations montantes doivent relever les défis actuels comme les pères fondateurs de l’Europe l’ont fait pour guérir le continent de ses démons destructeurs après deux guerres dévastatrices nées sur le continent et qui ont embrasé le monde. La guerre dans l’ex-Yougoslavie, dont nous vivons les séquelles encore à ce jour, nous a démontré que même l’Europe n’est pas à l’abri des terribles affrontements et de la destruction dont est aujourd’hui notamment victime notre voisinage méditerranéen ni de la logique de puissance qui renaît dans notre voisinage oriental et en Extrême Orient.

Le livre que nous célébrons aujourd’hui est non seulement un témoignage des succès de la Communauté de Sant’Egidio et du dévouement des hommes et des femmes qui la composent au service du plus nobles des idéaux. Il nous sert aussi de guide et nous démontre que la paix et la concorde entre les sociétés humaines sont l’affaire de tous les citoyens, que la foi et le respect des valeurs fondamentales de tolérance et des droits de l’homme ne sont pas des vertus désincarnées, mais des vecteurs pratiques de réduction des tensions et de solution des conflits, des outils indispensables dans le dialogue des civilisations.

Je me réjouis d’entendre vos débats et d’y participer personnellement.

Je vous remercie.