Discours du Ministre Reynders à l'occasion des Journées de contact DGD

Date: 02 mai 2013

Monsieur le Directeur Général,
Mesdames et Messieurs,

Nous voilà arrivés au terme de cette première journée de réflexion et de formation de la DGD. J’ose espérer que le programme très fourni qui vous est proposé vous  permettra à la fois d’en apprendre plus ou, à tout le moins, de rafraîchir vos connaissances sur les grandes lignes de notre politique extérieure, sur les développements au sein du Département ainsi que de nouer les contacts nécessaires à la poursuite de votre mission.

Didier Reynders

Ik zal meteen beginnen met het onderstrepen van het belang dat ik hecht aan ontwikkelingssamenwerking als peiler van het buitenlands beleid van België. Ik verheug mij daarom ten zeerste op de uitstekende samenwerking die er bestaat tussen de directie-generaal ontwikkelingsamenwerking en humanitaire hulp en de andere directies generaal binnen onze FOD enerzijds, en anderzijds over de uitstekende samenwerking die ik persoonlijk heb met mijn collega de Minister van ontwikkelingssamenwerking. Ik twijfel er niet aan dat deze samenwerking ons zal toelaten naar de toekomst toe een beter, harmonieuzer en efficiënter buitenlands beleid na te streven.

Het is waarschijnlijk niemand ontgaan dat in de moeilijke begrotingsjaren die we momenteel kennen, en waarschijnlijk nog een tijdje zullen kennen, ook ontwikkelingssamenwerking niet ontsnapt aan de snel op elkaar volgende besparingsmaatregelen. OS is inderdaad onderhevig aan de lineaire maatregelen die aan alle FOD worden gevraagd maar daarnaast worden van OS soms ook punctuele belangrijke inspanningen gevraagd op het niveau van zijn bestedingskredieten. Het is daarom een hele uitdaging voor de sector OS om in een eerder restrictief begrotingskader, en dat is toch wel een fundamentele breuk met het verleden, toch de gewenste resultaten te blijven neerzetten qua duurzame ontwikkeling. België is en blijft uiteraard actief via de de bilaterale, de multilaterale en de indirecte kanalen maar de huidige situatie is misschien een goede reden om te analyseren op welke manier we, door een intensere samenwerking tussen de verschillende actoren, inclusief Buitenlandse Zaken zelf, zouden kunnen komen tot betere resultaten qua duurzaamheid en qua efficiëntie naar ons algemeen buitenlands beleid toe.

Ik wil van deze gelegenheid gebruik maken om jullie een woordje uitleg te geven over de grote lijnen van ons buitenlands beleid. Het is overigens geen geheim meer dat in lijn met de verwachtingen rond het eengemaakte personeelsstatuut voor de buitenlandse loopbanen de attachés geroepen zijn om ook andere taken op te nemen dan de taken strikt gebonden aan OS binnen de structuur van de Ambassade zowel als op het hoofdbestuur. Het is overigens in die rationele optiek dat ik beslissingen heb genomen opdat juridisch gezien ontwikkelingsattachés nu reeds consulaire taken op zich  kunnen nemen en dat voor het eerst iemand van jullie zal werd aangeduid als Ambassadeur met name in Burkina Faso.

Quelles sont précisément nos positions diplomatiques belges que je place au sommet de la hiérarchie des priorités? Il est bon que nous les partagions.

Je discerne trois priorités thématiques et trois priorités géopolitiques. Ensemble elles concernent tout notre réseau

Tout d’abord il y a nos valeurs de société, la démocratie, les droits de l’homme et l’état de droit. Une évidence, me direz-vous ? Il n’en est rien. Dans le monde multipolaire d’aujourd’hui où s’affirment toujours plus de nouvelles puissances, ce qui est en soi une très bonne chose, les valeurs qui sont les nôtres n’ont pas toujours la cote.

Qui plus est, elles ont aujourd’hui souvent plus de difficultés à s’imposer qu’il y a dix ans de cela. C’est pourquoi nos efforts pour les défendre doivent s’exercer sans relâche que ce soit via le système des Nations Unies ou dans un cadre bilatéral.

Complémentaires à ces valeurs humanistes sont celles qui assurent notre bien-être et qui découlent de cette liberté individuelle indispensable à l’économie de marché. Notre pays dépend à plus de 80% de son revenu national et de ses échanges économiques avec l’étranger. Notre économie est une des  plus ouvertes du monde à cet égard. Il est un fait certain, quoi qu’en disent X ou Y, que la diplomatie économique a toujours été et restera plus que jamais une de nos priorités.

Après les droits de l’homme, après la liberté d’entreprendre et ses conséquences en matière de relations internationales viennent encore les attentes de nos compatriotes en matière de sécurité. Cette sécurité doit être comprise au sens large et assurée par des relais divers au premier rang desquels on trouve l’OTAN et la solidité de notre alliance transatlantique ainsi que l’Union Européenne même si les développements dans ces domaines paraissent souvent forts hésitants.

Pour nous Belges, il n’y a pas de contradiction ni d’antinomie entre la sécurité via l’Alliance atlantique et la sécurité via la PSDC. La coopération entre l’OTAN et l’UE est aujourd’hui difficile mais notre objectif doit être qu’un jour la meilleure sécurité pour nous passe par ce pilier européen de l’Alliance atlantique qui n’a rien d’une incantation mais est au contraire une réalité dont on perçoit déjà les contours. Je voudrais ajouter que l’assistance consulaire de nos concitoyens à l’étranger, critère sur lequel nous sommes souvent jugés, fait aussi partie de ce sentiment de sécurité plus ou moins grand qu’auront nos compatriotes. Ne l’oublions pas, c’est une dimension essentielle de notre action.

Toutes ces valeurs sont celles qui sous-tendent l’Union Européenne dont l’intégration constitue, cela va de soi, notre première priorité géopolitique. Les difficultés rencontrées par l’UE sont nombreuses mais elles représentent ces défis dont l’Union a toujours eu besoin pour progresser. L’UEM et l’euro sont là pour en témoigner!

Je voudrais toutefois insister sur un aspect de l’action européenne qui, je le crois, doit être aujourd’hui un peu mieux mise en valeur, à savoir les relations extérieures. Avec la fonction de Cathy Ashton et le Service Européen d’Action Extérieure qui l’aide, nous avions l’ambition, dans le Traité de Lisbonne, de renforcer la cohérence des politiques externes de l’Union et de contribuer à ce que l’UE devienne véritablement un acteur global. J’insiste sur ce point, seule l’UE peut nous permettre de conserver l’espoir que notre voix soit  entendue dans le concert des grands. Nous devons mieux coopérer encore avec le SEAE et ce dernier doit devenir à la fois plus transparent et plus efficace. 2013 sera l’occasion d’un exercice de révision du SEAE. Cette année nous offrira aussi la possibilité de nous intéresser à la sécurité et à la défense européenne lors du Conseil européen de décembre prochain.

Au nombre des régions du monde où s’exerce l’action extérieure de l’UE se trouve notamment l’Afrique des Grands Lacs, notre deuxième priorité géopolitique. Nous y avons une crédibilité évidente et la communauté internationale compte sur la Belgique pour son expérience dans la région des Grands Lacs. C’est une responsabilité cruciale que nous avons, eu égard à la violence et à la misère humaine qui règnent encore là-bas. Ne nous leurrons pas, la communauté internationale fait souvent preuve d’une certaine lassitude face au chaos endémique qui affecte les Grands Lacs depuis si longtemps. Mon objectif en la matière est de maintenir ces pays africains à l’ordre du jour de la communauté internationale, de l’ONU à l’UE en passant par d’autres forums et de convaincre les Etats de cette région de renouer entre eux un dialogue indispensable à  l’émergence d’une vraie pacification, condition évidemment nécessaire à toute forme de développement économique durable.

Dernière, mais non la moindre de nos priorités géopolitiques, les rives Sud et Sud-Est de la Méditerranée qui sont à la fois le creuset de notre civilisation européenne et nos voisins immédiats avec tout ce que cela peut entrainer comme conséquences économiques, sociales et sécuritaires. Ce Moyen-Orient auquel nous devons tant est aujourd’hui en même temps le sujet et l’objet de profonds bouleversements que l’on connaît sous l’appellation de « printemps arabe ».

Toutefois il faut se méfier des idées toutes faites: le « printemps arabe » n’est pas le même en Egypte qu’en Tunisie ou qu’en Syrie. Non, le « printemps arabe » n’est pas uniquement une formidable bouffée d’air frais sur des pays minés depuis trop longtemps par des régimes dictatoriaux. Non, le « printemps arabe » n’est pas non plus un mouvement désespéré qui sera de toute façon récupéré par les Islamistes. Le phénomène est complexe, on le sait. Il diffère fortement d’un pays à l’autre tout en alignant quelques grandes constantes. Il offre des perspectives nouvelles extrêmement prometteuses mais s’enlise souvent dans des situations qui paraissent parfois pires qu’auparavant. Il menace d’être totalement récupéré par des radicaux. On le voit tous les jours, ces Salafistes n’ont pas partie gagnée face à des populations qui en ont assez des pouvoirs forts et aspirent à une vraie démocratie. C’est pour cela qu’il faut soutenir ceux qui veulent porter à bout de bras le monde musulman vers la modernité. C’est pour cela qu’il faut aider économiquement des peuples que la misère ferait à coup sûr retomber dans l’escarcelle des extrémistes. Outre les liens solides que nous entretenons avec nombre de ces pays depuis longtemps, il y a deux Etats sur lesquels j’attire votre attention: la Syrie et le Mali. Pour ces derniers, le voisinage avec la Méditerranée n’est évidemment pas une réalité géographique mais il serait faux de prétendre que ce qui s’y passe pour l’instant est déconnecté des grands bouleversements du monde arabe. C’est entre autre pour cela, parce que notre sécurité passe aussi par la réduction de la menace terroriste au Mali et la stabilisation de ce pays que nous y prêtons main forte aux Français et que nous nous apprêtons à y envoyer une contribution à l’opération de l’UE. Quant à la Syrie, le cas frise le désespoir du point de vue politique mais demeure tragique humainement parlant. Voilà pourquoi j’ai voulu rappeler les standards humanitaires minimum à la communauté internationale dans son ensemble. Cette initiative commence à exister de manière concrète et solide.

 Voilà, Mesdames et Messieurs, en quelques mots ce qui constitue nos priorités diplomatiques dans lesquelles, je l’espère, peuvent s’inscrire les priorités propres à la coopération au développement pour qu’ensemble nous puissions œuvrer pour ce monde meilleur auquel nous espérons.

Je n’aborderai pas plus longuement avec vous les grands changements à l’intérieur du Département comme la réforme des statuts et l’exercice d’optimalisation du réseau des postes. Je sais que vous en avez été informé par les différents membres du Comité de Direction concernés, qui vous ont expliqué nos intentions mais aussi l’état d’avancement des dossiers.

Tout en vous remerciant encore pour votre aide présente et à venir, je me permets de vous souhaiter déjà un bon retour en poste et une bonne reprise d’activités.

Didier Reynders