47eme Commission de la population et du développement - Débat général

date: 09 April 2014

Commission de la population et du développement
47e session (7-11 avril 2014)
Débat général – point 4

Déclaration de
S.E. Mme Bénédicte FRANKINET
Ambassadeur
Représentant permanent du Royaume de Belgique
auprès des Nations Unies

New York, le 9 avril 2014

(Vérifier au prononcé)

Monsieur le Président/Mme la Présidente,

La Belgique soutient fermement la mise en œuvre intégrale du Programme d'Action de l’ICPD, adopté au Caire en 1994. Dans mon exposé, je vous ferai aussi part de quelques expériences belges.

Comme l'indique le nom de la Conférence, son objectif global a été de trouver un équilibre entre deux dynamiques : celle des populations et celle du développement. Les Chefs d'État sont convenus d'investir dans les individus et de mettre les droits de l'homme au centre du développement. 20 ans plus tard, à la veille de l'examen, nous devons nous demander si nous pouvons être satisfaits des progrès réalisés ? Quelles sont les lacunes, les obstacles et les goulets d'étranglement ? Comment poursuivre notre action ?

La Belgique accorde une  attention toute particulière à la dynamique des populations et aux prises de décisions qu’elle nécessite parce que les questions de population et de développement durable sont indissociablement liées.

Le rapport du Secrétaire général souligne qu’en 2014, la population mondiale a atteint 7,2 milliards de personnes et qu’elle pourrait atteindre 9,6 milliards d’ici 2050. Il s’avère indispensable de mieux prendre en compte cet accroissement de la population et  d’utiliser systématiquement les données relatives à la dynamique des population dans l’élaboration des politiques de développement (nationales) afin d’assurer la dignité et les droits humains.

Nous devrions considérer l’agenda du Caire dans son entièreté. La Belgique donne une attention particulière à la lutte contre la pauvreté et les inégalités, les besoins des personnes âgées et les personnes handicapées, les défis de l'urbanisation et du développement durable, et les menaces du changement climatique. En effet, la valeur du programme d'action réside dans l'approche globale, intégrée et systématique des problèmes de population et de développement, et la changement de paradigme qu’ils créent, d’une approche purement démographique vers une action basée sur l'autonomisation des populations, l’égalité des chances, et des systèmes de gouvernance transparentes et responsables, permettant à chaque individu d'atteindre le plus haut niveau de développement et de bien-être humain.

Monsieur le Président/Mme la Présidente,

La Belgique accueille favorablement le rapport sur l'Examen Global de l’ICPD et le rapport du SG présentés ici aujourd'hui. Nous sommes satisfaits de constater que ces deux rapports reflètent les résultats des conférences régionales organisées au cours de 2013. Les deux rapports mettent en exergue les succès, les lacunes et les questions émergentes de la mise en œuvre du Programme d'Action ICPD. Ils reconnaissent aussi que des mesures supplémentaires restent nécessaires. Les rapports montrent que les NU ont étés à l’ écoute des appels des gouvernements et des organisations de la société civile partout dans le monde.

Le Secrétaire général affirme à juste titre que nous devons tout faire pour maintenir les filles à l'école, même quand elles sont mariées ou enceintes. Nous devons éliminer les obstacles juridiques, réglementaires et sociaux à l’information sur la santé sexuelle et reproductive, à l'éducation et aux services pour les adolescents. Les jeunes et les adolescents doivent obtenir le droit de contrôler leur sexualité et de décider librement et de façon responsable des questions liées à leur sexualité. En Belgique, une éducation sexuelle complète et de qualité fait partie du curriculum des programmes scolaires.

Le Secrétaire général nous appelle les gouvernements à prendre les mesures nécessaires pour fournir une gamme complète, sûre et fiable de services de contraception pour répondre aux besoins, en particulier parmi les populations mal desservies et difficiles à atteindre, y compris les adolescents et les jeunes. En Belgique, les contraceptifs pour les jeunes sont intégralement remboursés par le gouvernement. Grâce à l'accès à l'information, des services adaptés aux jeunes et les contraceptifs, la Belgique a un des taux de grossesses chez les adolescentes les plus bas dans le monde. Grâce aux efforts de mon pays à cet égard les besoins non satisfaits de planification familiale sont parmi les plus bas en Europe, et le taux de prévalence des contraceptifs modernes est très élevé.

Nous appuyons la recommandation du SG selon laquelle nous, les gouvernements, devrions également aborder les disparités flagrantes dans la prévention du VIH dans différentes parties du monde et parmi les différents groupes de population. Nous devons faire davantage pour réduire les infections VIH chez les populations à risque, tels que les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, les personnes qui consomment des drogues et les prostituées. Afin de traiter le VIH parmi les populations à forte incidence en Belgique, les gouvernements fédéral et régionaux financent des programmes de communication spécifiques et des interventions dans le domaine de la santé sexuelle.

Nous partageons les préoccupations du Secrétaire général sur la violence, la discrimination et les crimes de haine infligés à des personnes sur base de leur orientation sexuelle ou identité de genre. Les respect des droits de l’hommes ne se négocie pas. En Belgique, les droits des LGBTI soient pleinement reconnus et protégés par la loi. Des institutions ont étés créées pour assurer le respect de la législation anti-discrimination de la Belgique, notamment sur base d’un handicap, croyance, âge ou orientation sexuelle.

Nous saluons les recommandations du Secrétaire général appelant les gouvernements de prendre des mesures pour réduire les complications et la mortalité liées à l'avortement, par la fourniture non discriminatoire post-avortement de soins qui respectent les directives de l'OMS, et l’élimination des obstacles juridiques qui empêchent les femmes et les filles d’avoir accès à un avortement sans risque. En Belgique, l'accès aux services d'avortement est réglementé et les frais sont remboursés par le gouvernement. Dans mon pays, la légalisation sur l'avortement et l'élimination de toutes sortes d'entraves aux services d'avortement, n'a pas conduit à une augmentation de la pratique de l'avortement. Aujourd'hui, en Belgique, le taux d'avortement est parmi les plus bas en Europe.

Les droits et la santé sexuelle et reproductive permettent aux gens d'atteindre les plus hauts standards de santé sexuelle et reproductive, sans discrimination, coercition ou violence. Tous ces éléments sont indispensables pour l'autonomisation des femmes, l'égalité des sexes et le développement durable en général ; ils contribuer à l'enrichissement et la croissance durable de la société.

Monsieur le Président/Mme la Présidente,

Le Secrétaire général indique à juste titre que la protection et le respect des droits de l'homme des jeunes, et l’investissement dans une éducation de qualité, le développement de leurs compétences, l'accès aux services de santé sexuelle et reproductive et à l’information, ainsi que les opportunités d'emploi, sont des conditions nécessaires pour leur permettre de réaliser leur meilleur potentiel. La jeunesse est l'avenir de cette planète et doit avoir la possibilité de participer pleinement à la vie économique, politique et sociale dans nos sociétés. En Belgique, la participation des jeunes à l'élaboration des politiques est encouragée par plusieurs organismes gouvernementaux.

Monsieur le Président/Mme la Présidente,

La Belgique estime que les deux rapports sont les produits importants de l’évaluation de 20 ans d’expériences depuis le Caire. Ils devraient dès lors être discutés dans cette 47ième session de la Commission de la Population et le Développement, et ils devraient être repris dans le document final de cette session et dans le rapport du Secrétaire général pour la Session Spéciale de Nations Unies sur la Population et la Développement en septembre. Ceci est nécessaire pour garantir trois choses : tout d’abord, la mise en œuvre de l’ICPD au-delà de 2014 ; deuxièmement, l’adoption d’un soutien politique durable pour le programme ; et enfin, l’intégration des recommandations de l’examen de l’ICPD dans les discussions sur les nouvel agenda de développement durable post-2015.

La poursuite de l'application du Programme d'Action du Caire et son impact dans le cadre post 2015 exigent des acteurs forts à tous les niveaux, et un leadership global. Un rôle prépondérant est attribué aux Secrétariat des NU, et au FNUAP. Ces instances devraient continuer à exercer leur mandats avec vigueur.

Au cours des 20 dernières années, nous avons certainement fait des progrès. Laissons les résultats positifs obtenus jusqu'à présent nous inspirer à poursuivre notre ambition. Je peux vous assurer que la Belgique demeurera un partenaire engagé dans cette entreprise.

Je vous remercie de votre attention.