Déclaration de S.E. Mme Bénédicte Frankinet, Représentant permanent, Conseil de Sécurité, Les femmes, la paix et la sécurité

date: 17 April 2013

CONSEIL DE SECURITE

LES FEMMES ET LA PAIX ET LA SECURITE
Résolutions 1325 (2000), 1820 (2008), 1888 (2009) et 1960 (2010)
Rapport du Secrétaire général sur la violence sexuelle liée aux conflits


DECLARATION DE S.E. BENEDICTE FRANKINET REPRESENTANT PERMANENT DU ROYAUME DE BELGIQUE AUPRES DES NATIONS UNIES


LE 17 AVRIL 2013

(Vérifier au prononcé)


Représentation permanente de la Belgique auprès des Nations Unies
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Tél. 1 (212) 378-6300 - Fax 1 (212) 681-7618 E-Mail: newyorkun@diplobel.fed.be
Web-site : http://www.diplomatie.be/newyorkunNo label found for: as_externallink.alttag

 

Monsieur le Président,
 
Je remercie le Secrétaire Général pour son rapport sur la violence sexuelle liée aux conflits. Je tiens également à remercier Madame Margot Wallström, la précédente Représentante Spéciale chargée de la question des violences sexuelles commises en période de conflit, pour son excellent travail. Je salue aussi la désignation de Madame Zainab Hawa Bangura, comme nouvelle Représentante Spéciale.

Madame la Représentante Spéciale,

La Belgique soutient pleinement votre mandat ainsi que les six points de votre programme d’action prioritaire. Mon pays a toujours été un ardent défenseur de la résolution 1325 concernant les Femmes, la Paix et la Sécurité et le restera. Le rapport du Secrétaire-Général met clairement en lumière combien la violence sexuelle est encore, dans bon nombre de sociétés, une pratique courante, souvent invisible et trop rarement poursuivie en justice.

Monsieur le Président,

Ma délégation s’associe à la déclaration de l’Union européenne. Je voudrais dès lors limiter mon intervention à quelques points relatifs au rapport du Secrétaire Général:

1) Ma délégation insiste sur la nécessité de faire en sorte que les pays concernés s’approprient et mènent eux-mêmes la lutte contre la violence sexuelle. Les juridictions nationales doivent rester le principal lieu où des individus doivent répondre de crimes de violence sexuelle. Il convient de les appuyer dans la poursuite de la lutte contre l’impunité. Bien entendu, dans le contexte des crimes contre l’humanité, des crimes de guerre et du génocide, la justice pénale internationale est un complément important aux efforts nationaux. Dans ce contexte, il convient d’appliquer la définition de violences sexuelles au sens large du Statut de Rome relatif à la Cour Pénale Internationale.

2) Ma délégation est convaincue qu’il faut miser sur la prévention pour lutter contre toutes les formes de violences sexuelles. C’est une des conclusions-clés de la dernière session de la Commission de la Condition de la femme, dont le thème prioritaire était précisément la lutte contre toutes formes de violences à l’encontre des femmes et des filles.

3) Je tiens à remercier l’équipe d’experts sur l’état de droit et les violences sexuelles commises en période de conflit pour son action déterminée et courageuse. La Belgique soutient ses efforts de renforcement des capacités des acteurs nationaux.  

4) Les situations pays mentionnées dans le rapport du Secrétaire général sont particulièrement inquiétantes ; je relève en particulier la gravité de la situation en République démocratique du Congo, au Mali et en Syrie. Dans le cas de la République Démocratique du Congo, la violence sexuelle à l’égard des femmes est utilisée de façon systématique comme arme de guerre. La Belgique accorde une priorité absolue à la lutte contre cette violence à l’égard des femmes, à la fois en soutenant ceux qui se dépensent sans compter pour venir en aide aux victimes, mais aussi en multipliant les efforts diplomatiques pour trouver une solution durable à la crise.

5) Ma délégation soutient particulièrement certaines recommandations du rapport du Secrétaire Général. D’une part, il faut en effet accroître la pression sur les auteurs de violences sexuelles liées aux conflits, en faisant adopter des mesures ciblées à leur encontre par les différents comités de sanctions. D’autre part, il faut tout mettre en œuvre pour que les victimes aient accès à tous les services multisectoriels nécessaires, que des systèmes de réparation soient mis en place et que tous les moyens soient recherchés de lutter efficacement contre les violences sexuelles liées aux conflits.
 
6) Enfin, nous sommes tout à fait en faveur du « mainstreaming » de la lutte contre la violence sexuelle dans les différents domaines d’action des Nations Unies. A titre d’exemple nous nous félicitons que le texte du traité sur le commerce des armes, récemment adopté, comprenne des références claires à la nécessité de prendre en considération les risques de violence à l’encontre des femmes et des filles. 

Je vous remercie de votre attention.