Déclaration de S.E. Monsieur Didier Reynders, Vice-Premier Ministre et Ministre des Affaires étrangères, lors de la Réunion de haut niveau sur le Sahel

date: 26 September 2012

 

Monsieur le Secrétaire-Général,
Chers collègues,

Je vous remercie d’avoir pris l’initiative d’organiser cette réunion. Les faits sont indéniables : la région sahélienne est confrontée à une dangereuse juxtaposition de crises politiques et de fragilités climatiques, économiques, sociales et institutionnelles.

L’enjeu est crucial pour nous tous. La réponse à la crise qui touche le Mali et la région du Sahel ne sera efficace que si elle s’attaque en parallèle, à travers une approche systémique,  aux différentes problématiques qui se renforcent mutuellement : affaiblissement de l’autorité de l’Etat, absence de perspectives économiques, criminalité organisée et  terrorisme.

Nous devons veiller à mieux intégrer, dans notre réponse,  la dimension humanitaire, les aspects de développement et le volet sécuritaire. Assurons-nous que les préoccupations sécuritaires n’entravent pas les efforts de développement à long terme, et s’inscrivent en priorité dans leur contexte national. La stratégie de l’Union européenne pour le Sahel a initié des efforts remarquables à cette fin ; ces efforts mériteraient très certainement d’être accélérés et renforcés, en mettant l’accent sur le plan sécuritaire . Une étroite coordination avec la stratégie intégrée proposée par les Nations Unies sera essentielle, en ce qu’elle permettra de dégager des synergies.

Dans le cadre de la Stratégie européenne pour le Sahel, le déploiement d’une mission civile d’assistance aux forces de sécurité nigériennes - qui comprend une approche régionale - constitue une première étape concrète. La Belgique s’y implique activement,  et les experts actuellement sur le terrain comptent trois Belges.

Monsieur le Secrétaire-Général,

La stratégie onusienne intégrée, dont les prémisses nous sont présentées aujourd’hui, devrait marquer le début d’une action internationale plus cohérente et stratégique dans la région. La Belgique encourage les Nations Unies à élaborer une stratégie globale, tout en étant concise et réaliste.

Pour ce faire, je recommande d’aider les gouvernements régionaux dans leur propre action et de les encourager à travailler ensemble plus étroitement. La nomination d’un Représentant Spécial du Secrétaire-Général pour la région est un premier pas vers une approche stratégique et cohérente des Nations Unies dans la région.

En ce qui concerne le Mali, je salue les développements tout récents au sein de la CEDEAO, ainsi que les récentes communications du Président par intérim du Mali. Je tiens par ailleurs  à rappeler l’importance de la feuille de route pour la transition. La Belgique est prête à soutenir la CEDEAO et le Mali à travers un soutien logistique et / ou l’entraînement de forces de sécurité. Mais j’insiste pour qu’avant tout les objectifs soient clairement définis. J’espère que ce sommet pourra contribuer à ce que les acteurs maliens et régionaux s’accordent sur une approche et une stratégie communes. Nous sommes appelés à  aller rapidement de l’avant pour stabiliser le Mali et permettre à ce pays de recouvrer son intégrité territoriale. A l’image de la France nous insistons pour que le Conseil de Sécurité prenne rapidement ses responsabilités. 

En guise de conclusion, j’aimerais souligner que depuis fort longtemps la Belgique est présente et engagée dans la région du Sahel. Elle y a forgé des partenariats de coopération au développement avec le Mali, le Niger et l’Algérie à hauteur de 40 millions d’EURO par an.

Sur le plan humanitaire, la Belgique a répondu favorablement aux appels des grandes agences et des ONG, en apportant des contributions financières.

Même si la coopération a dû être partiellement et temporairement suspendue, des programmes  continuent à être exécutés au Mali, où la Belgique se positionne de façon cohérente avec les autres bailleurs de fonds pour une reprise partielle des activités. Mon pays est prêt à examiner les possibilités de soutien au processus électoral lorsque cela se précisera. Mais aujourd'hui l’enjeu reste avant tout sécuritaire.

Je vous remercie.