Intervention P. Moors - Conférence des partenaires au développement du Burundi (only in French)

date: 30 October 2012

Monsieur le Vice-Président,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Mesdames, Messieurs, Chers Collègues,

C'est un grand plaisir pour moi de participer à cette Conférence des Partenaires au Développement et de pouvoir m’exprimer au nom de la Belgique, le premier bailleur bilatéral net du Burundi. La Belgique continuera à développer ses efforts de soutien au développement du Burundi, et ce malgré le contexte difficile de la crise économique, financière et budgétaire qui frappe l'Europe. Cette crise nous oblige à réduire les dépenses de l'Etat. Et le budget de la coopération au développement n'échappe pas à ces restrictions budgétaires.

Il faut se souvenir de ce contexte budgétaire particulier pour juger à sa juste valeur la décision du Gouvernement belge, au mois de juin de cette année, de libérer une tranche supplémentaire de 50 millions d'euros pour le Burundi. Nous n'avons donc pas attendu la tenue de cette conférence pour libérer des moyens additionnels pour le Burundi. Cette tranche vient en supplément aux 150 millions d'euros déjà inscrits dans le budget du programme bilatéral de coopération pour la période 2010-2013. La libération de ces 50 millions d'euros supplémentaires avait été liée, entre autres, à l’adoption, par le Gouvernement burundais, d’une Stratégie nationale de Bonne Gouvernance et de Lutte contre la Corruption, ainsi qu'au début de sa mise en œuvre. Nous avons constaté qu’une telle stratégie a été promulguée et que sa mise en œuvre a été entamée. Nous voulons encourager le Gouvernement du Burundi à consolider cette stratégie, à l’actualiser de façon régulière et à accélérer sa mise en œuvre.

A cet égard, je salue les succès obtenus par l'Office burundais des Recettes. La performance de l'OBR est en effet un indicateur de la détermination du Gouvernement burundais à mettre en œuvre la Stratégie nationale de Bonne Gouvernance et de Lutte contre la Corruption. La Belgique a l’intention d’utiliser une partie de la tranche supplémentaire de 50 millions d’euros pour appuyer la mise en œuvre de cette stratégie. En outre, la Belgique s’apprête à renforcer encore son appui à l’Office burundais des Recettes.

Excellences,
Mesdames et Messieurs,

La Belgique soutient le Burundi dans ses réformes, comme par exemple dans les secteurs de la santé et de l'éducation, dans la modernisation de l'agriculture et dans la réforme de l'administration. Nous continuerons à appuyer le Burundi, tout en essayant d’augmenter l'efficacité de cet appui. Ainsi, nous continuerons à participer à la coordination des bailleurs au niveau central. Et nous continuerons notre engagement au niveau de la concertation sectorielle, en exerçant le rôle de chef de file dans les secteurs de la santé et de l'éducation.

Le Cadre Stratégique de Croissance et de Lutte contre la Pauvreté qui est présenté aujourd'hui, est un plan ambitieux en matière de progrès socio-économique, de gouvernance et de consolidation de la paix. La Belgique confirme sa volonté de s’aligner sur les priorités de ce cadre stratégique.

Ainsi, la Belgique, en concertation avec les Autorités burundaises, concentre son appui sur trois secteurs: l’enseignement, la santé et l’agriculture. En outre, Elle poursuit son soutien à la justice et accorde une attention particulière aux investissements en énergie renouvelable.

L’appui bilatéral belge constitue, tant pour la Belgique que pour le Burundi, un effort non négligeable. Un programme de coopération 2010-2013 totalisant 150 millions d’euros en aide gouvernementale directe, complimentée par la tranche supplémentaire de 50 millions d’euros déjà citée. Mais par rapport aux besoins, même un montant de 200 millions d’euros reste modeste. Il est alors très important de pouvoir dépenser ces montants de la façon la plus efficace et la plus efficiente possible. Dans la préparation et l’exécution de nos programmes, nous continuerons donc à chercher les modalités les plus adéquats, permettant non seulement à obtenir des résultats directs en matière d’amélioration des conditions de vie, mais également en matière de renforcement des institutions burundaises. Et puis, il nous reste le défi commun d’accélérer l’exécution de nos programmes.

 
Excellences,
Mesdames et Messieurs,

Le Burundi peut déjà avancer quelques très bons résultats. Je pense à l’enseignement pour tous et à l’égalité des genres, au recul drastique des mortalités maternelle et infantile, à l’impact positif de la gratuité pour l'enseignement initial, ou encore aux soins de santé pour les femmes enceintes et les jeunes enfants.

En matière de gouvernance, la proclamation d’une tolérance zéro contre la corruption constitue un élément essentiel. Je note en effet que le Burundi a été promu en une année de la 5ème à la 2ème place des pays de l'East African Community par Transparency International.

Sur le plan économique, on peut noter plusieurs avancées positives, telles que la réforme et l'informatisation du système des taxations qui entrave de plus en plus la fraude fiscale, ainsi que les résultats de l'Office burundais des Recettes tout-à-fait spectaculaires en ce qui concerne l'augmentation des recettes de l'Etat. Pour la Belgique, la mobilisation de recettes fiscales est en effet un indicateur capital de bonne gouvernance. Cette mobilisation croissante, toutefois, n'empêche nullement la nécessité d'une politique rigoureuse au volet dépenses du budget.

Autre avancée significative, la simplification administrative par l'instauration du système de guichet unique pour la création de nouvelles entreprises, par la création de postes de douane "one stop" et par l’allègement des procédures relatives à l’octroi des permis de construction et au transfert de propriété. Ces mesures de simplification administrative expliquent la montée du Burundi dans le classement Doing Business, de la 181ème place à la 159ème place en deux ans.
Excellences,
Mesdames et Messieurs,

La sécurité intérieure s'est fortement améliorée, toutefois avec encore de temps en temps de graves incidents en recrudescence. Le Burundi revient de très loin et a encore un long chemin à parcourir. En effet, la réconciliation après la longue et sanglante guerre civile et l'impunité envers les exécutions extrajudiciaires et les graves violations des droits de l'homme constituent encore de grands défis. L’établissement d’une justice transitionnelle est d’une importance capitale. Au vu des élections en 2015, nous voulons également encourager le Gouvernement du Burundi à renforcer le dialogue politique. Et n’oublions pas non plus le défi du retour imminent des réfugiés du camp Mtabila en Tanzanie.

Le progrès est une conjonction de nombreux facteurs. Une sécurité augmentée constitue certes une condition nécessaire mais n'est pas une garantie suffisante pour le relèvement de l'économie et du bien-être de la population. Un système judiciaire indépendant, transparent et impartial doit garantir la sécurité de l'investissement par le monde économique. Les fournitures doivent être disponibles et fiables, en énergie, en eau, en infrastructure routière, en services bancaires, en communications.

En outre, le Burundi doit faire face à une explosion démographique qui  l'emporte sur les efforts consentis pour enregistrer des progrès dans tous les secteurs: l’enseignement, la santé, l’agriculture, l’assainissement, l’énergie, etc. Le Burundi doit absolument maîtriser sa croissance démographique, sinon tout progrès social et économique risque de demeurer une chimère.

Monsieur le Vice-Président,
Mesdames et Messieurs les Ministres,

La Belgique, vous le constatez, a la ferme intention de continuer à accompagner le Burundi dans sa marche vers le développement économique et social, vers la consolidation de sa société, vers la paix et la sécurité. Ainsi, avec les autres bailleurs bilatéraux et multilatéraux réunis aujourd’hui, la Belgique souhaite exprimer sa solidarité avec le peuple du Burundi, qui aspire à des conditions de vie meilleures, à une société apaisée, à une justice neutre et transparente, à un Etat qui se met au service de ses citoyens. Voilà les défis que devra relever le Gouvernement du Burundi. Car c’est en effet au Gouvernement du Burundi qu’il incombe de créer les circonstances qui permettront le développement économique et social. La Belgique est prête à appuyer le Gouvernement du Burundi dans cette démarche.

Je vous remercie.